Groix infos

Le nouvel EHPAD en 2016
Le nouvel Ehpad verra le jour en 2016 près du bourg, sur une parcelle acquise par Lorient agglo. L'ensemble immobilier de plain-pied, sera orienté nord sud pour privilégier les entrées de lumière naturelle, il sera composé de trois bâtiments reliés par des patios pour 47 résidants. Le bâtiment d'accueil comprendra un hall spacieux, des salles de restauration et d'animation, une salle de kiné et différents bureaux. Les deux autres bâtiments, seront constitués de petits studios de 20 m² avec salle de bain. Les concepteurs ont privilégié les espaces verts. L'ensemble du projet est estimé à 6 M€. Il est cofinancé par le Conseil général du Morbihan, l'État (fonds CNSA), l'agence régionale de santé, et l'emprunt qui sera remboursé par le loyer des résidants. Le permis de construire a été accordé cet été. La voirie le long du Carrefour Market devrait désormais être réalisée, pour entamer les travaux en 2015

Groix et Nature s'agrandit
La société Groix et Nature, spécialisée dans les conserves haut de gamme à base de produits de la mer, fabriqués sur l'ile de Groix: rillettes de thon, rillettes de maquereau et de sardines, verrines de coquilles Saint-Jacques, huile de homard, s'agrandit. La construction devrait s'achever en juin 2015 avec 900m2 d’atelier et 150m2 de locaux administratifs. C'est l'Entreprise Del Din de Groix qui a été retenue pour effectuer le gros oeuvre. Christian Guyader, PDG, envisage aussi d’ouvrir un espace permettant aux visiteurs de découvrir le savoir faire culinaire. « Nous allons doter l'atelier d'un nouvel outil de production, tout neuf. » Investissement : 2,5 millions d'€. Aujourd’hui l’entreprise emploie 9 personnes. Les produits Groix et Nature sont synonymes de qualité et véhiculent à travers la France et le monde l’image de l' île. L'entreprise envisage de créer au minimum une dizaine d’emplois supplémentaires sur Groix. Pour Christian Guyader, cela va permettre à l'entreprise de "créer les nouveaux produits qu'elle ne pouvait pas fabriquer sur l’île, faute de place". Christian Guyader, revient des Etats-Unis et annonce avoir trouvé un importateur à New-York.

Un industriel qui veut maintenir la vie locale.

L'entreprise Groix et Nature, a été créée il y a 14 ans, lorsque Christian Guyader s'est laissé convaincre par Dominique Yvon, maire de Groix, pour créer des emplois sur l'ile. "Sinon, nos iles vont crever" m'a t-il dit explique Christian Guyader sensible au développement et à l'équilibre des territoires en s'efforçant de préserver la vie et l'emploi local. Si les débuts ont été difficiles, car produire sur une ile ne représente que des surcoûts de logistique. L'entreprise aujourd'hui, produit un million de verrines par an, distribuées en grandes surfaces et dans les épiceries fines, pour un chiffre d'affaires de 2 millions d'€. La conserverie enregistre une progression de son activité de 20%.

La Grecque ou la Gregue
La Grecque Dispositif pour faire couler du café.

En breton la cafetière se dit greg ou grek

Dans sa version la plus simple, une grecque est un petit sac de toile écrue fixé sur un manche métallique — correspondant en gros à l’arceau circulaire prolongé d’un manche qu’on trouve dans un passe-thé — dans lequel on met le café moulu avant de verser l’eau bouillante par dessus.

Dans sa version un peu plus élaborée, une grecque est un récipient cylindrique dont le fond est percé de petits trous. Comme précédemment, le café moulu est placé dans ce réceptacle lui-même posé sur la cafetière, ou sur n’importe quel pot faisant office de cafetière. Traditionnellement, ce genre de grecque était fabriqué par les ferblantiers, et s’apparentait en quelque sorte à une moque trouée, mais il existe aussi des versions en céramique.

La grègue est une cafetière utilisée à l’île de la Réunion.

Elle est fabriquée de tôle de fer et de fer blanc. Elle est constituée de quatre éléments :

un récipient avec un bec verseur (en bas)

un récipient avec le fond troué comme un tamis – filtre à café (en haut)

une petite pièce ronde pour presser le café

un couvercle

Pour parler des grecques les réunionnais utilisent un mot voisin : grègue. Les Bourbonnais ont même donné ce nom à un lieu-dit du sud-ouest de la Réunion, La Plaine des grègues, là où, des bassins naturels laissent percoler l’eau, laquelle ressurgit en contrebas, un peu à la manière d’une "grègue" à café. Il semblerait que l’appellation "grecque" vienne de ce que ce genre de cafetière ait été connue sous le nom de "cafetière grecque", ou "cafetière du Levant".

Le passionné Alexandre Dijoux de l'Entre-Deux à la Réunion

Alexandre Dijoux commence par préparer un bain-marie. Lorsque l'eau est frémissante, il place la grègue dans la marmite. Une fois le café moulu, il place un filtre rempli de mouture dans la partie supérieure de la grègue et commence à arroser la mouture d'eau chaude. « La première eau qui tombe est toujours claire. C'est la raison pour laquelle il vaut mieux mettre toujours plus de mouture que prévu pour obtenir quelque chose de plus épais ». Le principe de la grègue est celui d'un goutte à goutte ; l'eau stagne dans le marc et permet une meilleure extraction des arômes. « Il faut donc être patient. Par exemple, il faut compter à peu près une vingtaine de minutes pour quatre tasses ». Le bain-marie va permettre de maintenir le café au chaud. « Car on ne réchauffe jamais le café une fois qu'il est coulé », précise Mr Dijoux. Pour toujours avoir un œil sur la mouture afind'éviter qu'elle ne sèche, il recommande de ne pas mettre le tamis au-dessus de la mouture et de veiller à bien répartir l'eau car une mouture sèche donnera un café amer. La mouture devra toujours être imbibée d'eau sans que celle-ci ne la noie complètement.

Habib Bourguiba séjour sur l'ile
Le 4 mars 1954, après huit heures de vol, un avion s'était posé sur l’aéroport de Lann-Bihoué, pour le transfert de l’île de la Galite. Aussitôt le repas expédié le passager et les inspecteurs qui l’accompagnaient étaient montés dans une automobile qui les conduisit près de Lomener au petit port de Perello. Là il embarqua sur la vedette des Ponts et Chaussées qui portait le nom de « La Teignouse », le temps était beau, la houle des Courreaux ne se faisait que faiblement sentir sous la coque légère. Groix attendait son hôte en fin d’après-midi, il arriva avec un peu d’avance sur l’horaire prévu, quatre heures venaient de sonner quand la vedette se glissa entre les môles de Port-Tudy.

Sur les quais une centaine de curieux, un commissaire divisionnaire et une dizaine d’inspecteurs de la Sûreté du territoire se trouvaient là pour la circonstance. Mais on ne voyait pas plus d’uniforme de la gendarmerie qu’on a coutume d’en apercevoir en temps ordinaire à l’arrivée des Courriers de Lorient.

« La Teignouse » une fois amarrée, un des inspecteurs sauta à terre, il aida Habib Bourguiba à sortir de l’embarcation et à se hisser sur le quai ce qu’il sembla faire avec une certaine difficulté. Le leader du Néo-Destour n’était pas de grande taille, il avait les cheveux grisonnants, son visage aux traits tirés s’éclairait d’un paisible sourire. Sans doute se sentait-il soulagé d’avoir atteint le terme de ce long voyage qui semblait l’avoir fatigué.

Au devant des gens qui s’écartaient, il avança s’aidant de sa canne, mettant et retirant son fez écarlate, tandis que les photographes le mitraillaient à vive cadence. Le car de Monsieur Mellac stationna non loin du lieu de débarquement pour charger les arrivants. Derrière Bourguiba marchait ses porteurs de bagages. L’un d’eux marqua l’arrivée par un petit incident. Une ficelle cèda et le contenu du carton se répandit sur le quai. Il roula alors sur le sol, une multitude de petites boîtes, elles paraissaient contenir des remèdes. Bourguiba ignorait peut-être encore, que dans quelques minutes il serait le locataire d’un pharmacien, et se précipita pour aider à ramasser ce qu’un homme pas très bien portant jugeait particulièrement précieux pour sa santé. Ce maigre intermède contribua semble- t’il a le décontracter. Son premier regard avait été de toiser l’île, il semblait qu’elle venait soudain de l’apprivoiser, on remarquait son air confiant lorsqu’il grimpa dans le petit car Renault qui devait en un coup d’accélérateur le mener avec sa suite jusqu’à sa nouvelle résidence, située à une centaine de mètres avant d’arriver sur la place de l’Eglise, juste derrière la pharmacie de M. Bihan. Un ménage stérile de canaris, malgré le nid suspendu dans la cage jetait également une note claire en ce lieu de retraite forcée. Ces oiseaux ne seraient pas la seule compagnie de l’exilé. Deux chiens offriraient amicalement leurs échines poilues à ses caresses. Ce n’étaient pas des molosses de garde aux crocs féroces, mais deux pacifiques épagneuls dont l’un était vétéran de la chasse depuis longtemps blasé sur les malentendus des hommes. Habib Bourguiba prit possession du premier étage où deux chambres et un cabinet de toilette constituaient son appartement, ouvrant tout de suite sa fenêtre. Elle ne donnait pas sur la mer comme il l’espérait peut-être, mais au-dessus le ciel d’où il venait de tomber déplorait son infini lumineux qui inviterait souvent son alerte imagination à des voyages fréquents vers les brûlantes terres tunisiennes.

Après la débâcle de Dien Bien Phu en 1954, la France s’apprêtait à faire la paix en Indochine. Le nouveau président du conseil Pierre Mendès France s’attaqua alors aux questions épineuses du Maroc et de la Tunisie, alors également en pleine ébullition. Des soulèvements armés de plus en plus violents résonnaient dans tout le Maghreb contre la présence française. Pierre Mendès France envoya alors un émissaire à la rencontre du leader tunisien de la lutte pour l’Indépendance Habib Bourguiba en exil à l’île de Groix.

Le 4 juillet 1954, Habib Bourguiba attendait un journaliste dont la venue avait été organisée par les représentants du Néo-Destour à Paris.
Après une cordiale poignée de main et un souhait de bienvenue, d’un pas alerte, il l’entraîna dans la villa, où il était assigné à résidence. Là s’entama une libre conversation qui se poursuivit durant le déjeuner. Elle fut interrompue par un policier qui, comme un serviteur zélé, annonçait la venue prochaine de deux autres visiteurs. Bourguiba piqua une colère « C’est maintenant que vous me le dites ! Ils devraient être là depuis longtemps. Où sont-ils passés ? Vous surveillez qui ? Ce n’est pas moi qui risque de passer inaperçu. Allez les chercher ! »

Alain Savary qui connaissait déjà le chemin et Pierre Bloch, députés socialistes français, arrivèrent en effet quelques instants plus tard, mais ils avaient déjeuné de leur côté pour préparer l’entrevue qu’ils allaient avoir. Il ne faisait pas de doute qu’ils étaient dépêchés par le chef du gouvernement français. Les deux visiteurs repartirent le soir par le même bateau que le journaliste- ils le connaissaient pourtant bien- sans échanger avec lui plus de trois phrases… ni la moindre impression sur les propos que le leader tunisien leur avait tenus. Pierre Bloch serait plus enclin à parler, mais Savary le retint. Pas question de laisser entendre qu’ils avaient mis la dernière main à un mémorandum approuvé par leur hôte.

Bourguiba quitta Groix le 18 juillet à 6 heures 30 à bord d’une vedette de la Marine, il était accompagné du commissaire et de l’inspecteur de police qui l’avaient suivi depuis Tunis, de sa femme, une nièce et la fille de celle-ci à Groix depuis une quinzaine de jours. Après une traversée de quarante cinq minutes, Bourguiba mis le pied sur le continent dans le port de Lorient. Aussitôt Bourguiba pris en charge par une voiture de la Sûreté du territoire et sa suite qui prirent place dans des voitures furent conduits à la nouvelle résidence à Amilly dans le Loiret. Copyright AG

La hache naviforme de Saint Sauveur
En 1971, Lucien Gourong, animateur dynamique du Foyer des Jeunes de Lanester avisait les membres de la Société Lorientaise d'Archéologie, du fait d'une trouvaille lors de travaux de jardinage sur la parcelle n°587 a section ZC, à Saint-Sauveur en l'île de Groix. Mme Guillaume avait mis à jour une splendide hache bipenne symétrique pratiquement intacte, seules quelques écaillures venant altérer la beauté de la pièce. Alain Le Guen, de Kerloret en Groix préhistorien confirmé, mesura la pièce: 160 mm de long, 40 mm de large au centre et son épaisseur atteignant 30mm au centre pour 40 mm au tranchants. Fusiforme, légèrement arquée, possédant une perforation régulière de 26 mm de diamètre, aux tranchants arqués. Les parois latérales de la pièce bombées sur l'épaisseur et en ogive sur la longueur. D'un poids de 320 gr. Cette hache en hornblendite du type C, d'un vert sombre piqueté de petits cristaux noirs; provenance probable Kerlévot en Pleuven Finistère Sud.

Depuis Mr Le Guen a continué des recherches en Bretagne et vient d'écrire un article intéressant dans le n° 38 du bulletin de la Société Lorientaise d'Archéologie, intitulé Néolithique Final-Chalcolithique Instruments perforés découverts en Morbihan, parfaitement illustré avec la précision et le soin qu'on lui connaît.

"Durant la période de transition, Néolithique final (vers 2300 av. J.-C.) et le Chalcolithique annonçant l’usage des métaux (vers 1700 av. J.-C.), des populations originaires d’Europe Centrale et Septentrionale vont se répandre en direction de la partie occidentale du continent européen. Porteurs d’une nouvelle technique d’instruments perforés, en pierre polie, divers courants migratoires vont transmettre leur savoir-faire auprès des différentes cultures néolithiques ; il en résultera une panoplie élargie d’objets perforés.

En Armorique, à la suite de ces contacts, de petits ateliers de production vont développer leurs propres techniques de fabrication d’instruments perforés, à partir des gisements de « roches dures » issues du Massif Armoricain (dolérite, diorite, éclogite, hornblendite…). Sur la côte sud du Finistère, l’atelier de Kerlévot en Pleuven va attirer particulièrement l’attention des chercheurs contemporains ; l’emploi d’une nouvelle « roche dure », la méta-hornblendite du type C, reconnue par MM. Giot et Cogné, a permis aux artisans néolithiques, prospecteurs avertis, de façonner une série limitée de « haches de combat » dites « haches bipennes » et « haches-marteaux ».

Par le biais des échanges maritimes et fluviaux (ce qui suppose un embryon de navigation), la fabrication de ce nouveau matériel essaime le long du littoral Atlantique, jusqu’en Poitou-Charentes, gagne le Centre en empruntant le Val de Loire, et entre en contact avec le Bassin Parisien.

La dénomination « haches de combat » couramment employée est-elle appropriée pour définir certains instruments perforés, en pierre polie ou, doit-on lui préférer les termes élégants d’objets « d’apparat ou de prestige ? ». Certaines haches perforées sont qualifiées de « naviformes », Voilà une surprenante catégorie qui, par l’harmonie de leurs proportions, vous font rêver de voyages…

Et voguent les « haches naviformes ».

« Naviformes », mais de quels types d’embarcations légères voulons-nous parler ? En canoë ou en kayak ; deux sortes de productions semblent sortir de l’atelier de Kerlévot en Pleuven. L’une, par son profil a des allures de « canoë amérindien » (G. Chevalier ; 2007), elle provient de l’Armor-Pleubian (Côtes d’Armor). La seconde, « bipenne symétrique » de l’Île de Groix, ainsi qu’un fragment de Kervignac (Morbihan), seraient plutôt du genre « kayak », embarcation traditionnelle des Esquimaux… "

Cette hache qui se trouve aujourd'hui conservée à l'Ecomusée de Groix, mériterait d'être davantage mise en valeur.

Le Gorsed une station du mésolithique
La côte sud-ouest de Groix exposée aux bourrasques de l'Atlantique offre un abri naturel, la ria de Port Saint-Nicolas bien connue des adeptes de la voile qui viennent y trouver un havre de repos durant la période estivale. La partie ouest de cette importante échancrure du rivage offre le spectacle d'imposantes falaises rocheuses au pied desquelles viennent se briser, en période hivernale, les déferlantes venues du grand large.Ces falaises sont recouvertes d'un vaste plateau tapissé de végétation rase d'où émergent de rares formations rocheuses permettant de s'abriter des vents dominants. C'est dans cet environnement aujourd'hui hostile que s'établit, il y a environ 6000 ans avant notre ère durant la période du Mésolithique moyen, un petit groupe de chasseurs-pêcheurs nomades. Plusieurs impératifs ont dû mener les hommes de la Préhistoire à choisir ce point de la côte pour y effectuer des haltes probablement saisonnières. En abordant par voie terrestre ou maritime cette échancrure du littoral, ils découvrirent le lieu idéal propice à leurs activités de chasse et de pêche. Dans un article fort intéressant M. Alain Le Guen, membre de la Société d'Archéologie et d'Histoire du Pays de Lorient met en valeur ce site de l'île de Groix. On peut y apprécier la qualité de ses dessins d'une grande précision. Il peut être lu sur le site de la Société d'Archéologie et d'Histoire du Pays de Lorient.

Le départ des Bolchevistes
Certains étaient là depuis 1914, c’étaient des slaves suspects, d’autres avaient été pris à Arckangel au moment du fameux « cordon sanitaire » et les autres avaient été recueillis sur divers points du territoire Français ou de concerts avec ceux que l’on appelait les révolutionnaires, ils préparaient au lieu de la Troisième République, le régime des Soviets.

Wladimir le lieutenant du 67ème d'Infanterie Russe.

Parmi eux se trouvait le lieutenant du 67 ème d’infanterie russe, Wladimir Brazio, de l’ancienne armée impériale russe. Agé de 24 ans, il parlait parfaitement le français, il était imprégné des théories de Tolstoi et était un grand admirateur de Lénine. Il avait été blessé sur le front de la Macédoine à Salonique et avait été évacué en France, où il connut les hôpitaux de la Côte d’Azur. Sa guérison coïncida avec l’abandon des alliés russes, et ne voulant plus combattre à son corps, il fut rendu à la vie civile.
C’est là qu’il monta à Lyon et s’affilia au groupement révolutionnaire et devint membre actif de la 3ème internationale. Son activisme fut prodigieux, et la police l’arrêta. Il fut alors dirigé vers un camp des environs de Bourges. Puis vint séjourner dans le Fort Surville de Groix où se trouvaient des sujets russes, moujiks et intellectuels.
Wladimir ne trouva pas le lieu à son goût, se révoltant il fut mis à l’écart dans le fortin de Manorven réservé aux récalcitrants. Mais dans la nuit du 1er au 2 mai 1920, il brûla la politesse à ses gardiens en réussissant en dépit d’énormes difficultés à déboulonner au moyen de simples pierres aiguisées? qui furent retrouvées dans sa cellule, à enfoncer la lourde porte de la casemate et à prendre le large. Il s’empara à Port-Tudy du canot de Gildas Tonnerre du Méné, mouillé au môle, avec tous ses agrès et avirons. Le cousin de Gildas, Julien de Kermoel qui se trouvait non loin, vit passer le canot mené par un homme à la longue chevelure. Quelques heures après Le Bris de Lomener qui pêchait au stoken au large de Gâvres, aperçut au point dit les « Caporaux » un bateau mené par un homme chevelu qui correspondait au signalement de l’évadé. Puis plus de nouvelles. Le « Gildas Marie » fut retrouvé sur la côte d’Erdeven à Kerhilio. Qu’était devenu le passager ? s’était-il noyé ? Non il s’était engagé dans la campagne bretonne, mais les gendarmes de Josselin le rattrapèrent à la mi-mai. Il fut ramené à Lorient et après son audition par le juge d’instruction, fut incarcéré.

Petite manifestation au chant de l’internationale russe

Lors de leur départ à la mi-juillet 1920, une petite manifestation eut lieu avec drapeau rouge et chant de l’internationale russe qui fut vite réprimée. Sous la garde de l’adjudant de gendarmerie Mevel, accompagné de plusieurs gendarmes les russes furent conduits à la prison de Lorient puis à la gare, leur embarquement se fit sous le commandement de M. Gide, commissaire spécial, et Bizoire, capitaine de gendarmerie. Ils allaient être conduits à Marseille puis ensuite vers Odessa. AG