Arts et Culture

Le coffret Phare des Equinoxes est sorti

Le groupe du Phare des équinoxes est un collectif d'artistes composé de quatre personnes : Yves Dussin, artiste-peintre installé à Audierne à l'« Ancre de Chine », Xavier Desmier, un photographe de Paris spécialiste du monde sous-marin, Patrick Serc, peintre et illustrateur dont le « Jardin de l'Ancre » est en Normandie dans la Manche, et Françoise Sylvestre, écrivain-voyageuse de la mer et des îles, basée au Pouldu. C'est à Ouessant, au festival du livre insulaire, où leur coffret « le Phare des solstices », réalisé au phare de Bressay dans les Shetland, avait été primé, qu'ils ont rencontré les responsables de l'association Ippa, qui gèrent le phare de l'île Wrac'h. Quoi de plus naturel que d'imaginer de réaliser un « Phare des équinoxes » à Plouguerneau.
Après deux résidences de 15 jours en 2014 au printemps et à l'automne, chacun d'entre eux a réalisé un carnet : « Éclats » pour Yves Dussin ; « Les carnets de Serpentine », pour Patrick Serc ; « Équinoxes. Au fil des songes entre deux mondes », pour Xavier Desmier ; et « Rouge », pour Françoise Sylvestre.

De quoi s’agit-il ?

Quatre petits bouquins, insérés dans une pochette suivant obstinément le fil rouge, l'Aber Wrac'h. Une quête parfaitement inclassable, bourré de trouvailles où le renvoi des textes, des lumières, des graphismes et des couleurs se répondent en un jeu de miroirs se répétant à l’infini.
Et tout ça vous barbouille d’embruns et de saveur d’algues marines. C’est à travers ce chemin (compliqué) que nous entraîne irrésistiblement les quatre artistes. Ils nous offrent, à pleines bouffées l’air du large, jusqu’à nous enivrer. Livrant au passage une démarche tantôt secrète, tantôt délirante. Phare des équinoxes, phare des équivoques…Contact :lamevagabonde@orange.fr et yves.dussin@free.fr – Prix 20 euros.
Françoise Sylvestre en compagnie de Patrick Serc sera en dédicace à l'ile aux moines, le 24 avril à l'Escale.

Françoise Sylvestre et le phare des équinoxes
L’Aber Wrac’h est parsemé d’îles et d’îlots, aussi appelées archipel des îles de Lilia, du nom d'un bourg de Plouguerneau. L'île Wrac'h est accessible depuis la plage de Saint-Cava, uniquement à pieds, trois heures avant et trois heures après la marée basse. Le phare de l’île Wrac’h, construit en 1845, est composé d’une tour carrée et d’une maison d’habitation. Il est entouré d’un jardin clos et ouvrant sur la mer et une petite cale qui servait à la vie quotidienne des gardiens. Il est aujourd'hui automatisé et depuis l'été 2006.

L'île Wrac'h et son phare accueillent les promeneurs curieux de fouler un espace naturel protégé, de découvrir un paysage maritime remarquable et d'approcher un patrimoine du 19° siècle, appartenant aux Phares et Balises, le phare dont le feu est toujours en activité.

Ce qui fut un lieu de vie pour les gardiens du phare et leur famille est devenu, grâce à l'action de l'association "ïles et Phares du Pays des Abers", une "île aux artistes". Chaque été, depuis l'année 2006, plusieurs expositions (peinture, sculpture, gravure...) sont présentées au public dans la maison du phare, et parfois quelques oeuvres animent les jardins.
Hors cette période d'été, le lieu devient résidence pour les artistes en quête d'inspiration et de tranquillité et qui s'adaptent à des conditions de vie spartiates. Les jardins offrent un espace protégé par de hauts murs dans lequel les jardiniers s'exercent à la culture des légumes et des fleurs dans un sol léger et sous un climat doux mais venté.

Du phare des Solstices au phare des Equinoxes

En août 2013, Yves Dussin, Patrick Serc et Françoise Sylvestre ont rencontré Josette et Jean-Pierre à Ouessant. Ils ont échangé et envisagé ensemble la possibilité de résider et de créer au phare en 2014.

Ce qui a déclenché leur projet a été la publication en 2012 du coffret "Le Phare des Solstices" qui leur a valu une mention spéciale du jury du Prix du livre insulaire à Ouessant en 2012. Ce coffret, comprend cinq carnets d'artistes. Ils sont le fruit de leur travail après deux résidences dans le phare de Bressay aux îles Shetland aux solstices d'été et d'hiver de 2011. Ce fut une belle aventure humaine, une source de création collective et individuelle extraordinaire, et l'origine d'une forte amitié qui les lie. Leur travail a été exposé au Musée Maritime et du Patrimoine de Lerwick aux Shetland en juin-juillet 2012. C'étaient trois artistes-peintres (Yves Dussin, Patrick Serc et Hugues de Wilden), un photographe (Jean-Marc Cotta) et un écrivain (Françoise Sylvestre). Hugues de Wilden malheureusement a péri en mer en juillet 2011.

L'équipe du nouveau collectif a résidé au phare de l’ile de Wrac’h du 15 au 29 mars 2014 et y résidera de nouveau pour l'équinoxe d'automne du 15 au 30 septembre 2014. Il y a toujours trois artistes-peintres, sortis de l'école des Beaux-Arts (Yves Dussin, Patrick Serc et Morio), un photographe (Xavier Desmier) et un écrivain (Françoise Sylvestre).

Yves Dussin a son atelier à L'Ancre de Chine, à Audierne. Solange, sa femme, était à la fois la "cantinière" et la confidente. Elle est de nouveau présente pour le projet au phare de l'île Wrac'h.

Patrick Serc travaille dans son Jardin à l'Ancre, à Grimouville, au pied du Cotentin.

Morio, qui vit à Loctudy, contemple, idéalise et dessine au trait fin la mer. Il imprime chaque jour une image du paysage traversé au cours d'un voyage intérieur qu'il mène depuis 2005.

Xavier Desmier, photographe sous-marin et grand reporter, amoureux des mangroves et des animaux marins, est basé à Paris.

Françoise Sylvestre, ancienne journaliste de la mer (course au large et pêche), libraire à l'Ile-aux-moines jusqu'en 2007, est auteur depuis 1990 d'une vingtaine d'ouvrages (romans, nouvelles, essais, monographies insulaires) sur la mer et les îles.

Ils vont réaliser d'une part un projet dans l'esprit du "Phare des Solstices" (cinq carnets individuels dans un coffret collectif), mais cette fois lorsque le jour et la nuit rivalisent, lorsque les marées se font amplement ressentir, lorsque le printemps revient et l'automne apparaît. Leur création ne s'arrêtera pas à ce seul coffret. Chacun créera selon son art et son inspiration, en mettant en avant le phare et son environnement, l'insularité des lieux. Les œuvres réalisées pourront être exposées au phare de l’ile de Wrac’h en 2015.


Daniel Cordeau licier de la petite mer
Le mot licier désignait l'ouvrier des manufactures dont le métier consistait à passer les fils de chaîne dans les lices. Petit à petit, ce mot est devenu synonyme de la personne qui tisse une tapisserie sur un métier de haute lice ou de basse lice. La création de la tapisserie était attribuée au peintre, que l'on a appelé peintre-cartonnier; le licier n'avait comme rôle que l'exécution de la tapisserie, dans le strict respect de la maquette préalablement établie. La tapisserie ayant rencontré de grandes et nombreuses périodes de crises, à la réflexion tout le monde s'est accordé pour dire qu'il fallait qu'elle cesse d'être une copie de peinture. On a commencé alors à demander au licier s'il pouvait se faire l'interprète de la maquette, en y mettant de la sensibilité, sans toutefois changer quoi que ce soit au carton. La marge de manoeuvre étant très étroite, nombre de créateurs ont compris qu'il serait plus normal que le licier soit lui-même créateur de sa maquette. De fil en aiguille, l'art moderne ayant ses adeptes, les liciers en question se sont dit qu'ils pourraient peut-être sortir la tapisserie de son aspect mural pour en faire une oeuvre plastique, tridimensionnelle; tapisserie ou art de la fibre, qu'importe, une nouvelle expression artistique était née.

Grande expérience textile

Daniel Cordeau a une expérience textile de plus de 50 ans, il commença à l'âge de 14 ans aux Gobelins et y fit toute sa carrière. Installé à Riantec il réalise une oeuvre personnelle inspirée de la Petite Mer de Gâvres. Sa réalisation procède de nombreuses étapes : il détermine le sujet qui deviendra son carton de tapisserie, élabore le calque technique, effectue l'échantillonage des couleurs, du choix des matières d'oeuvre et les techniques d'exploitation, puis ourdi et monte sa chaîne sur son métier.

Au retour de ses longues promenades méditatives en bordure de la Petite Mer de Gâvres, il exécute en atelier un grand nombre d'encre et de lavis, qui transcrivent ses émotions, les sensations ressenties ou les énergies puisées en ce lieu magique. Une trace de la vie ainsi demeure. Puis il cherche les matériaux et la texture susceptible de saisir dans le textile le caractère fusionnel de l'encre, enfin les gammes de laine les plus appropriées pour traduire l'essentiel et jouer de leurs effets au contact de contons mats ou brillants et parfois de soie. Ses tapisseries quittent aussi les murs et deviennent architecture, sculpture en 3 dimensions. Au-delà de ses grandes qualités artistiques, sa liberté d’interprétation mérite d'être admirée.